
Les Différents Types de DYS (Dyslexie, Dysorthographie, Dysphasie…)
Découvrez les différents types de dyslexie, dysorthographie, dysphasie, dyspraxie, dyscalculie et dysgraphie.

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Pour comprendre et aider un proche, on peut avoir envie de se mettre à sa place. Et dans ce cadre-là, il est légitime de se poser la question : “Comment voit une personne dyslexique ?”
Malheureusement, Internet regorge de représentations de la dyslexie plus proches du récit fantastique que de la réalité.
Aujourd’hui, je vous propose de découvrir comment une personne dyslexique voit le monde d’après les retours des concernés et de la Science.
Prenez en photo ses devoirs et obtenez une version adaptée à sa dyslexie plus claire et plus agréable à lire.
La dyslexie n’affecte pas la vision elle-même (les yeux fonctionnent normalement), mais l’interprétation cérébrale des informations visuelles. Certaines personnes dyslexiques ont du mal à regrouper les lettres en mots, perçoivent un flou ou un écrasement des caractères, ou traitent seulement une à deux lettres simultanément.
La dyslexie (ancienne appellation du “Trouble Spécifique des Apprentissages avec déficit en lecture”) vient du grec dys (« sans ») et lexis (« mot »).
C’est un trouble du neurodéveloppement qui affecte la capacité d’un individu à automatiser l’apprentissage du langage écrit. En d’autres termes, la dyslexie affecte l’ensemble des mécanismes qui permettent peu à peu la maîtrise de la lecture et de l’écriture.
Important : Ce type de trouble correspond à une manière différente pour le cerveau de se développer et de fonctionner. Ce n’est ni une maladie, ni un manque d’intelligence.
Comprendre et accepter cela est particulièrement important. Cela change non seulement notre regard sur ces troubles, mais aussi celui des enfants qui peuvent ainsi se construire une image positive d’eux-mêmes tout en bénéficiant du soutien nécessaire.
Aujourd’hui, 6 à 8 % des élèves en France pourraient être dyslexiques.

Certaines personnes dyslexiques peuvent avoir des difficultés à associer entre elles les lettres qui forment un mot, tout en excluant les lettres environnantes.
Concrètement, cela peut placer le lecteur dans une situation qui ressemble à celle où vous devriez lire ceci :

Ou encore à ceci :

Certaines personnes dyslexiques confondent des lettres visuellement similaires : [b] et [d], [p] et [q], [n] et [r], [f] et [t].
En fait, le cerveau peine à reconnaître instantanément et de manière automatique la forme des lettres. Il doit donc traiter chaque lettre individuellement et ne parvient pas à les stocker comme des images distinctes.
En d’autres termes, c’est comme s’il nous fallait redécouvrir à chaque fois la forme d’une lettre.
Important : La dyslexie n’est pas un problème de vision (les yeux voient bien), mais un problème d’interprétation cérébrale de ce qui est vu.

Il est également possible de confondre des sons similaires : [p] et [b], [t] et [d], ainsi que des mots avec une prononciation proche comme « pain » et « bain », « ton » et « don ».
En fait : devant un mot, le lecteur dyslexique ne trouve pas immédiatement la correspondance entre la suite de lettres et le son qu’elle représente.
Concrètement :
Après avoir identifié visuellement une lettre, le cerveau doit encore la convertir en son (appelé phonème), puis assembler ces sons pour donner du sens au mot.
Exemple : [P] + [A] + [I] + [N] = [pɛ̃ŋ] = 🥖
Et dans le cas de la dyslexie, le cerveau peine à faire le lien automatique et rapide entre la lettre imprimée (le graphème) et le son (le phonème). Cela pourrait être dû à une connexion moins efficace entre différentes parties du cerveau dédiées à ces tâches.
Parfois, des sensations visuelles particulières sont décrites. On parle d’un flou autour des mots, des lettres qui semblent être écrasées les unes contre les autres, ou des mots qui ondulent.
Là encore, c’est lié au fonctionnement atypique du système visuel et des régions du cerveau. Résultat : les textes semblent instables, les espaces entre les mots mal définis, et la lecture devient encore plus fatigante.

Certaines personnes dyslexiques ne parviennent pas à traiter plusieurs lettres simultanément. Elles ont donc besoin de se concentrer sur les lettres les unes après les autres.
Concrètement :
Un normo-lecteur a un empan visuel, c’est-à-dire le nombre de lettres qu’il peut traiter en un seul coup d’œil, d’environ 7 à 9 lettres. Ce chiffre peut chuter jusqu’à 1 ou 2 lettres à la fois en cas de dyslexie.
Cette difficulté vient surtout d’un problème d’attention visuelle. Le cerveau a du mal à analyser et à organiser plusieurs formes en même temps. La quantité d’éléments à traiter devient trop importante, “sature” leur champ de vision et réduit ainsi radicalement leur empan de lecture.

Certaines personnes dyslexiques présentent des mouvements oculaires instables avec des retours en arrière fréquents et involontaires engendrant, entre autre, une difficulté à suivre les lignes ou à passer d’une ligne à l’autre.
Pour lire une ligne, nos yeux ne glissent pas de façon continue. Ils font de petits bonds rapides (appelés saccades) et s’arrêtent pour fixer le mot. Or, ce mécanisme (contrôle oculomoteur), est moins stable chez certaines personnes dyslexiques. Pourquoi ?
Les perceptions provenant des yeux sont mal gérées par la partie de notre cerveau qui sert de “centre de tri des informations”. Cela pourrait être lié à une sous-activation des régions visuelles associées au mouvement, ce qui pourrait expliquer les saccades oculaires irrégulières, les retours en arrière nombreux et le balayage du texte difficile et non automatique.
Nous avons parlé jusqu’ici de la manière dont les personnes dyslexiques peuvent percevoir visuellement les lettres et les mots.
Mais la lecture, ce n’est pas seulement voir les symboles. C’est aussi les reconnaître instantanément et leur donner du sens sans effort conscient.
Or, cette tâche n’est pas non plus automatisée chez beaucoup de personnes dyslexiques.
Concrètement :
Lorsque vous lisez le mot « maison« . Vous le reconnaissez instantanément et sans avoir à penser à la combinaison [m] + [a] + [i] + [s] + [o] + [n].
Votre cerveau a enregistré ce mot comme une image globale dans son « dictionnaire visuel ».
Or, pour une personne dyslexique, même après avoir lu ce mot des dizaines, voire des centaines de fois, le cerveau ne le reconnaît pas automatiquement. Elle doit souvent repartir du début : [m] + [a] + [i] + [s] + [o] + [n], comme si c’était la première fois.
Résultat : la lecture reste lente, hachée et demande une concentration intense. L’énergie qui devrait être disponible pour comprendre le texte est entièrement mobilisée pour le simple acte de déchiffrer. L’enfant lit le texte, mais à la fin de la page, il ne sait pas nécessairement ce qu’il vient de lire.
Pour vous donner un exemple :

Ce texte est écrit avec des mots dont l’orthographe n’est pas correcte et qui est donc inhabituelle pour vous. Si les mots restent déchiffrables, ils peuvent être plus difficiles et plus longs à décoder, si bien qu’il pourrait être difficile de tout comprendre et de se rappeler des détails du contenu.
Eh bien, c’est un peu ce que vit un dyslexique : à chaque fois qu’il voit un mot, même s’il l’a déjà lu, son orthographe lui paraît nouvelle à chaque fois.


Si vous soupçonnez une dyslexie chez votre enfant, commencez par consulter au plus vite votre médecin généraliste ou un pédopsychiatre. Ce dernier pourra faire un bilan clinique sur le développement de son patient et voir s’il faut entamer une démarche de diagnostic.
Le cas échéant, il pourra vous orienter pour la réalisation d’un bilan orthophonique. Obtenir ce diagnostic est primordial dans la mesure où il permet de déployer la meilleure stratégie pour faire face aux difficultés de l’enfant.



Le marché des « aides à la dyslexie » s’est enrichi ces dernières années de dispositifs optiques (lunettes, lampes stroboscopiques) censés compenser un prétendu déficit de l’œil directeur. Si quelques enfants y trouvent un certain confort, le consensus scientifique et médical reste sans appel : aucune preuve solide ne valide leur efficacité.
Toutefois :
Il est important de faire contrôler régulièrement la vision de votre enfant. Un trouble visuel classique (myopie, astigmatisme, problème de convergence) peut aggraver les difficultés de lecture. Dans ce cas, une correction optique adaptée ou des séances d’orthoptie peuvent apporter un réel soulagement.
Mais attention : ces troubles visuels ne causent pas la dyslexie, ils peuvent simplement s’y ajouter.
La dyslexie n’est ni un défaut de vision ni un manque d’intelligence, mais un fonctionnement cérébral différent qui affecte l’automatisation de la lecture.
Comprendre les mécanismes en jeu, du traitement visuel à la reconnaissance des mots, permet d’adapter l’accompagnement et de valoriser les nombreuses forces des personnes dyslexiques.
Avec un diagnostic précoce, un soutien adapté et des outils appropriés, votre enfant peut développer des stratégies efficaces pour surmonter ses difficultés et s’épanouir pleinement dans ses apprentissages.
Il adapte instantanément les documents à sa dyslexie, l’écoute en audio et pose ses questions à un assistant IA.

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