
La dyslexie lexicale : Un trouble de la lecture à déchiffrer
Dyslexie lexicale : difficulté à reconnaître les mots écrits. Symptômes, causes génétiques et neurologiques, et solutions concrètes pour améliorer la

Accueil > Reconnaître > Repérer les Symptômes de la Dyslexie (de 2 ans à l’Âge Adulte)
Identifier les symptômes de la dyslexie est difficile.
Est-ce que les difficultés à jouer avec les mots, identifier les lettres ou encore un défaut de prononciation est un simple retard ou quelque chose de plus profond ?
Aujourd’hui, je vous propose de découvrir les signes qui peuvent aider au dépistage précoce de la dyslexie, et donnant ainsi les meilleures chances à votre enfant.
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La dyslexie est un trouble neurodéveloppemental qui empêche d’automatiser la lecture et l’écriture, malgré une intelligence normale et une scolarisation classique.
Dès 30 mois, on peut observer des phrases courtes, une faible complexité syntaxique et des difficultés de prononciation chez les futurs enfants dyslexiques.
À 5 ans, l’enfant peine à manipuler les sons, à comprendre les repères spatiaux et temporels, et à nommer les objets ou actions.
En CP-CE1, l’enfant a du mal à déchiffrer les syllabes, identifie difficilement les sons, et présente une écriture peu lisible et hachée.
À l’adolescence, la lecture est possible mais reste lente et fatigante. L’écart avec les pairs persiste et les difficultés d’orthographe demeurent marquées.
Chez l’adulte, la dyslexie se manifeste par une lecture énergivore, des erreurs d’orthographe persistantes, et des difficultés d’organisation et de mémoire.
Le diagnostic officiel ne peut être posé qu’à la fin du CE1, mais des fragilités peuvent être repérées plus tôt pour une prise en charge précoce.

La dyslexie est un « trouble spécifique des apprentissages » (ou « trouble dys« ). Cela signifie qu’elle rend difficile l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. En France, elle pourrait toucher 6 à 8 % des élèves.
Ce trouble vient d’un fonctionnement différent du cerveau. Le cerveau d’un personne dyslexique traite les informations autrement, mais pas moins bien. En effet, la dyslexie n’est ni une maladie, ni un problème d’éducation, ni un manque d’intelligence.
Concrètement, comment cela se manifeste ?
Une personne dyslexique peut rencontrer ces difficultés en lisant ou en écrivant :
Résultats ?
La lecture est souvent lente, saccadée et l’orthographe reste difficile (on parle alors de dysorthographie : difficulté à écrire les mots correctement).

Précision :
La dyslexie affecte en réalité la capacité des personnes à maîtriser et à automatiser la lecture et l’écriture.
Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ?
Lorsque vous lisez le mot “maison” . Vous le reconnaissez instantanément et sans avoir à penser à la combinaison [m] + [a] + [i] + [s] + [o] + [n]. Votre cerveau a enregistré ce mot comme une image globale dans son « dictionnaire visuel ».
Pour une personne dyslexique, même après avoir lu ce mot des centaines de fois, le cerveau ne le reconnaît pas automatiquement.
Elle doit souvent repartir du début : [m] + [a] + [i] + [s] + [o] + [n], comme si c’était la première fois.
Vous êtes un parent dyslexique ? Alors, il peut être important de surveiller comment votre enfant développe ses capacités motrices durant ses deux premières années.
Exemple : les enfants à risque de dyslexie pourraient commencer à marcher plus tard que les autres (vers 14,6 mois contre 13,5 mois en moyenne).
Pourquoi est-ce important ?
Parce que les scientifiques ont observé le lien suivant : les enfants qui marchent plus tard ont parfois, à 3 ans, un vocabulaire plus limité et des difficultés à construire des phrases. Vers 7 ans, leur lecture peut aussi être plus lente.
De ce fait : si un enfant à des antécédents familieux de dyslexique ET qu’il apprend à marcher tardivement, cela peut être un premier signal à surveiller.
Important : Le repérage précoce est pertinent lorsque plusieurs signaux persistent ou s’accumulent. En effet, chaque symptôme pris isolément ne constitue pas un diagnostic.

Dès 30 mois, les enfants qui développeront des difficultés de lecture plus tard s’expriment souvent avec des phrases courtes et disposant d’une faible complexité syntaxique.
Par exemple : “Papa revient. On va parc.” au lieu de “Quand papa reviendra, on ira au parc”.
Mais ce n’est pas tout. Ils peuvent aussi avoir difficultés à prononcer correctement certains mots (“cocodil” au lieu de « crocodile« ).
Vers 3 ans, les enfants peuvent connaître et comprendre moins de mots que les enfants de leur âge ou avoir des difficultés à nommer les objets.

Entre 3 et 5 ans, un enfant à risque de dyslexie peut éprouver des difficultés à :
Mais ce n’est pas tout…

Un enfant dyslexique présente presque systématiquement d’autres difficultés : dysphasie, dyspraxie, dyscalculie ou encore TDAH.
Lorsque plusieurs troubles du neurodéveloppement cohabitent, on parle alors de “troubles associés” ou de “comorbidité”.

En fin de CP, l’enfant a du mal à déchiffrer les syllabes ou multiplie les erreurs, identifie difficilement les sons à l’intérieur des mots, son langage oral reste peu fluide et son écriture manuscrite peu lisible.
Important :
Pour identifier objectivement les éventuelles difficultés de votre enfant, vous pouvez vous référer aux seuils mis en place par l’Éducation nationale :
Pour un élève de CM2, on peut observer (page 24) qu’en dessous de 109 mots lus, l’enfant est considéré en difficulté. Il en est de même en dictée si moins de 8 sur 12 mots sont correctement écrits.

L’entrée en CE1 marque un tournant dans le programme scolaire : l’enfant passe de « apprendre à lire » à « lire pour apprendre ».
L’enfant peut alors :
La dyslexie ne se limite pas aux difficultés de lecture et d’écriture.
Elle peut également affecter le comportement de l’enfant au quotidien : repli sur soi, sentiment de décalage avec les autres, difficultés de concentration, stress chronique et baisse de l’estime de soi.
Ces manifestations ne relèvent ni de la paresse ni d’un manque de volonté, mais traduisent une réelle souffrance liée aux échecs répétés et à l’incompréhension de l’entourage.
Pour mieux comprendre ces comportements et savoir comment accompagner votre enfant, consultez notre guide complet sur le comportement des enfants dyslexiques.

À l’adolescence, les jeunes dyslexiques ont généralement fait des progrès significatifs : ils savent désormais déchiffrer les mots et peuvent lire des textes de manière autonome. Cependant, la dyslexie ne disparaît pas.
Toutefois, le déficit phonologique persiste :

La dyslexie à l’âge adulte ne se traduit pas forcément par des difficultés majeures de lecture. Contrairement à une idée reçue, la plupart des adultes dyslexiques lisent correctement. Toutefois, cette lecture reste moins fluide et automatique qu’elle ne devrait l’être.
Au quotidien, les difficultés se concentrent principalement autour de trois axes :

Le diagnostic d’un trouble spécifique des apprentissages avec déficit de la lecture peut être posé :
Toutefois, nous avons vu qu’il est possible de repérer des fragilités avant et de proposer un suivi en conséquence. En effet, une prise en charge plus rapide, favorise une bonne évolution et facilite la scolarisation de l’enfant.
Le parcours de diagnostic commence par votre médecin généraliste (ou un pédopsychiatre : un médecin spécialisé dans le développement de l’enfant). Il réalise un premier bilan pour évaluer si un diagnostic de dyslexie doit être envisagé.
Si nécessaire, il vous orientera vers un orthophoniste. Ce professionnel réalise un bilan orthophonique complet pour analyser précisément les difficultés de lecture et d’écriture de votre enfant.
Cela dit, d’autres examens peuvent être demandés pour compléter le diagnostic (notamment en cas de suspicion d’autres troubles associés à la dyslexie) :
Une fois le diagnostic posé, l’équipe médicale peut mettre en place un accompagnement adapté au profil précis de votre enfant.

La dyslexie n’est pas identique chez tous les enfants. Elle résulte de plusieurs causes qui se combinent différemment selon les personnes. C’est pourquoi les difficultés varient beaucoup d’un enfant à l’autre.
Lors du bilan orthophonique, certains termes sont utilisés pour décrire les profils de difficultés observés :
Ces profils ne sont pas des cases figées, mais des repères pour mieux comprendre les difficultés spécifiques de votre enfant et adapter son accompagnement.

L’accompagnement d’un enfant dyslexique repose sur trois axes qui se renforcent mutuellement : le suivi médical, les aménagements à l’école et le soutien à la maison.
Un suivi orthophonique régulier constitue le cœur de la rééducation. Une fois le diagnostic posé, l’orthophoniste évalue précisément les difficultés de l’enfant (sons, lettres, fluence, compréhension) et propose des exercices ciblés.
Ce suivi dure plusieurs mois, voire plusieurs années. Les progrès se construisent pas à pas, et l’orthophoniste ajuste régulièrement les exercices, suit l’évolution et fait le lien avec l’équipe pédagogique pour que les aménagements soient appliqués en classe.
Les méthodes utilisées incluent :

Un enfant dyslexique peut bénéficier de deux types de dispositifs selon la sévérité de ses difficultés :
La reconnaissance du handicap peut également ouvrir droit à l’Allocation d‘éducation de l’enfant handicapé (AEEH) pour compenser les dépenses liées aux soins et à l’accompagnement.

Le soutien familial ne consiste pas à « refaire la classe » mais à créer un environnement serein autour de la lecture.
Voici quelques pistes concrètes :
L’objectif est de faire de la lecture un moment accompagné et sécurisant, où l’enfant peut essayer, se tromper et progresser à son rythme, sans jugement, en maximisant le plaisir.
Le travail mené à la maison ne remplace pas le suivi orthophonique, mais le rend plus efficace : l’enfant consolide ce qu’il apprend en séance et progresse plus rapidement.
C’est cette combinaison (rééducation régulière + aménagements scolaires + soutien familial) qui offre les meilleures chances de progression.

La dyslexie évolue tout au long de la vie, mais ses manifestations changent :
Chaque enfant est unique. C’est pourquoi un diagnostic précis et un accompagnement sur mesure sont essentiels. La combinaison gagnante : suivi orthophonique + aménagements scolaires + soutien familial bienveillant.
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Doctorante en sciences cognitives, Université Claude Bernard Lyon 1
Camille mène des recherches sur les adaptations visuelles des textes pour faciliter la lecture des enfants. Autrice de publications scientifiques et intervenante universitaire, elle traduit les avancées de la recherche en solutions concrètes pour une lecture plus accessible et inclusive.
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