Dyslexie et Dysorthographie : Repérer, Comprendre et Agir

Quand votre enfant (ou vous-même) lit, les lettres et les syllabes se mélangent et les écrits contiennent beaucoup de fautes d’orthographe ?

Alors il est possible qu’il présente une dyslexie et/ou une dysorthographie.

Si ces Troubles Spécifiques du Langage Ecrit sont relativement fréquents (1 enfant sur 20), il est nécessaire de bien les comprendre et les suivre pour les accompagner au mieux.

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir les informations essentielles pour faire face à la dyslexie et la dysorthographie : les causes, le suivi médical et les aides Gouvernementales.

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En Bref

C'est quoi la dyslexie et la dysorthographie ?

Ce sont des troubles du développement qui rendent la lecture et l’écriture très difficiles. Ils ne sont pas liés à l’intelligence : le cerveau de ces enfants fonctionne simplement différemment. Environ 1 enfant sur 20 est concerné.

Les signes les plus courants sont des confusions de lettres, une lecture lente et hésitante, et de nombreuses fautes d’orthographe malgré les efforts. Si ces difficultés persistent après le CP, il est conseillé d’en parler à un médecin.

Le diagnostic est possible à partir de la fin du CE1, car c’est à cet âge que la majorité des enfants maîtrisent les bases de la lecture et de l’écriture, ce qui permet de mesurer un écart significatif.

L’accompagnement repose principalement sur des séances d’orthophonie, des aménagements scolaires (PAP ou PPS) et un soutien bienveillant à la maison. Il n’existe pas de médicament, mais une prise en charge précoce change vraiment les choses.

La MDPH peut reconnaître le trouble comme un handicap cognitif et ouvrir droit à des aides : une allocation mensuelle (AEEH), du matériel pédagogique adapté, et le remboursement partiel des séances d’orthophonie.

La Dyslexie et la Dysorthographie sont des Troubles du Langage Écrit, Pas un Manque d'Intelligence

Les Troubles Spécifiques du Langage Ecrit (TSLE) correspondent à des difficultés d’apprentissage de la lecture (dyslexie) et de l’expression écrite (dysorthographie). 

La dyslexie et la dysorthographie sont des “troubles du neurodéveloppement”, c’est-à-dire des particularités du développement et du fonctionnement du cerveau. 

Ces troubles ne sont pas les symptômes d’une maladie, d’un retard ou d’un manque d’intelligence. Et pour l’instant, mis à part une forte composante héréditaire, nous ne connaissons pas l’origine de ces troubles.

Le diagnostic de la dyslexie et la dysorthographie peut être posé seulement à la fin de l’année de CE1. En effet, c’est à ce moment que la majorité des enfants maîtrisent la lecture et l’écriture.

Malheureusement, ces difficultés durent toute la vie et aucun médicament ou thérapie spécifique ne permettent de faire les disparaître.

Heureusement, des solutions efficaces existent.

L’approche la plus efficace repose sur un accompagnement pédagogique adapté (orthophonie, école et parents) qui aide la personne dyslexique et dysorthographique à améliorer sa reconnaissance des sons et des mots.

Enfin, on estime que les troubles spécifiques des apprentissages concernent 5 à 7% des enfants d’âge scolaire.

La Dyslexie Touche la Lecture, la Dysorthographie l'Écriture

La dyslexie et la dysorthographie sont deux troubles distincts qui affectent respectivement la lecture et l’expression écrite. Ils partagent une origine commune et se présentent souvent ensemble, mais leurs manifestations sont différentes.

Voici comment les distinguer :

Inversions, Oublis, Confusions : les Erreurs Typiques d'un Enfant Dyslexique (Trouble de la Lecture)

Un enfant dyslexique peut rencontrer des difficultés de lecture variées et d’intensité diverses telles que :

  • Des confusions entre certaines lettres (b/d, p/q, f/t, n/r…) ;
  • Des confusions entre les sons proches (p/b, t/d, on/ou…) ;
  • L’ajout de lettres ou de syllabes (« syllabe » devient « syllable », « marie » devient « mairie ») ;
  • L’oubli de lettres (« table » est lu « tabe », « porte » devient « pote ») ;
  • L’inversion de lettres ou de syllabes (« partie » se transforme en « patrie », « cirque » en « crique ») ;
  • Une fatigue importante et des problèmes de mémoire pour retenir l’alphabet, les jours de la semaine, les leçons.

En raison de ces symptômes, les personnes dyslexiques ont une lecture lente et hésitante et des difficultés à comprendre les textes.

En France, entre 6 et 8 % des élèves seraient dyslexiques.

La dyslexie peut aussi affecter la santé mentale : anxiété face aux devoirs, perte de confiance en soi, sentiment d’être différent des autres…

Homophones, Accords, Conjugaison : les Fautes Caractéristiques de la Dysorthographie (Trouble de l’Expression Écrite)

La dysorthographie accompagne très souvent la dyslexie, et se manifeste par des :

  • Difficultés à écrire les mots qui se prononcent de la même manière mais qui s’écrivent différemment (« mer » et « mère », « eau » et « haut ») ;
  • Confusions de genre et de nombre (« un voiture », « de belle maison ») ;
  • Erreurs de syntaxe (« leçon » et « le sont »).

Cela se traduit par de nombreuses fautes d’orthographe, des oublis fréquents de conjugaison et des erreurs grammaticales qui rendent parfois les phrases difficiles à comprendre.

Dans 30 à 47 % des Cas, la Dyslexie s'Accompagne d'un Autre Trouble

Un trouble dys se présente rarement seul. Dans la majorité des cas, plusieurs troubles coexistent chez la même personne. On parle alors de comorbidités, c’est-à-dire de troubles qui apparaissent ensemble :

  • Dysgraphie : 30 à 47 % des enfants dyslexiques présentent aussi des difficultés à former les lettres à l’écrit.
  • Dyscalculie : 26 % ont également des difficultés avec les chiffres et le calcul. Ce chiffre monte à 36 % chez les enfants dysgraphiques.
  • TDAH : environ un enfant dyslexique sur trois présente aussi un trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité.

Le TDAH (trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité) est également fréquent : environ un enfant dyslexique sur trois en est atteint.

Enfin, un point important : il est possible d’être dysorthographique sans être dyslexique. Les deux troubles sont liés, mais ils restent indépendants l’un de l’autre.

La Dyslexie est Héréditaire à 70-80 %, Mais des Facteurs Cérébraux Entrent Aussi en Jeu

La dyslexie est en grande partie héréditaire. Cela signifie qu’elle se transmet souvent d’un parent à son enfant. Les scientifiques estiment que les gènes (notre « code génétique ») sont responsables de 70 à 80 % du risque de développer ce trouble.

Mais la génétique n’explique pas tout. Des facteurs liés à l’environnement peuvent aussi jouer un rôle. Et il n’existe pas un seul « gène dyslexie » : plusieurs variations génétiques semblent agir ensemble.

Au niveau du cerveau, les recherches montrent que la dyslexie est liée à un développement différent de certaines zones, notamment dans la partie gauche. C’est cette zone qui gère le langage, les sons et la parole.

Un point essentiel à retenir : ces différences cérébrales n’ont aucun lien avec l’intelligence. Un enfant dyslexique n’est pas moins intelligent qu’un autre. Son cerveau fonctionne simplement différemment.

Pour comprendre la dyslexie, il est utile de savoir comment le cerveau lit un mot. Il utilise en réalité deux méthodes différentes :

  • L’assemblage, c’est le déchiffrage son par son : on décompose « chat » en « ch », « a », « t » puis on assemble. C’est lent et fatigant.
  • L’adressage, c’est la reconnaissance directe du mot, comme une photo stockée en mémoire. C’est rapide et peu coûteux en énergie.

Chez une personne dyslexique, l’une ou ces deux méthodes fonctionnent moins bien. On peut alors parler de :

  • Dyslexie phonologique : l’assemblage est perturbé. La personne a du mal à distinguer les sons proches (/p/ et /b/, /t/ et /d/) et peine à déchiffrer les mots nouveaux ou techniques.
  • Dyslexie de surface (ou visuelle): l’adressage est perturbé. Le « dictionnaire visuel » est trop pauvre. Chaque mot, même connu, semble nouveau à chaque lecture. Les mots irréguliers comme « monsieur » ou « automne » posent un problème permanent.
  • La dyslexie mixte : On utilise le terme de profil “mixte” lorsque l’enfant présente des difficultés appartenant à plusieurs catégories en même temps. Par exemple : des difficultés phonologiques et de surface.

La Dyslexie Impacte Bien Plus que les Notes : Scolarité, Confiance en Soi et Vie Familiale

La dyslexie et la dysorthographie ont des répercussions bien au-delà des difficultés de lecture et d’écriture. Elles affectent la scolarité, la santé mentale et les relations sociales de façon durable.

Ces répercussions ne sont pas une fatalité : elles se réduisent significativement avec un diagnostic précoce et un accompagnement adapté.

Des Résultats Scolaires en Dessous des Capacités Réelles, Malgré des Efforts Souvent Supérieurs à Ceux des Autres

La dyslexie ne se limite pas aux cours de français. Parce que lire et écrire sont des outils transversaux, les difficultés débordent aussi bien sur l’ensemble des matières que sur le quotidien de l’enfant :

  • Cahiers incomplets ou illisibles, ce qui complique les révisions ;
  • Difficultés dans la plupart des matières, y compris scientifiques (compréhension des énoncés) ;
  • Résultats en dessous des capacités réelles, malgré des efforts souvent supérieurs à ceux des autres élèves ;
  • Risque de redoublement ou d’orientation vers une filière moins ambitieuse que les capacités intellectuelles ne le permettraient.

Anxiété, Fatigue Chronique, Sentiment d'être Nul : la Confiance en Soi est la Première Touchée

Au-delà des résultats scolaires, c’est souvent la confiance en soi qui est la première touchée. Un enfant qui échoue malgré ses efforts finit par douter de lui-même. Et ce doute peut s’installer durablement :

  • Sentiment persistant d’être « nul » ou « bête » : l’intelligence n’est pourtant pas en cause.
  • Anxiété marquée : maux de ventre, maux de tête, troubles du sommeil, surtout les jours d’école.
  • Fatigue chronique : compenser ses difficultés au quotidien demande un effort cognitif constant et épuisant.
  • Dans les situations les plus sévères et non prises en charge : risque de dépression, de décrochage scolaire ou de comportements à risque.

Les Erreurs Visibles en Classe Exposent l'Enfant au Regard des Autres, et Parfois aux Moqueries

L’école est aussi un espace social. Et les erreurs à l’oral ou les cahiers raturés exposent l’enfant au regard des autres… et parfois de façon douloureuse :

  • Repli sur soi : l’enfant développe un sentiment de décalage persistant vis-à-vis des autres élèves.
  • Évitement des situations exposantes : lecture à voix haute, travail en groupe, jeux de société deviennent des sources d’angoisse.
  • Risque de moqueries ou de harcèlement : les erreurs visibles en classe peuvent attirer l’attention des autres élèves de façon cruelle.
  • Relations tendues avec les enseignants : l’enfant se sent souvent jugé injustement, accusé de ne pas faire d’efforts alors que l’effort est bien réel.

Les Devoirs Deviennent une Source de Conflits qui s'Installe Durablement à la Maison

Les difficultés scolaires ne restent pas à la porte de la maison.

Les devoirs, les évaluations, les bulletins s’invitent dans la vie familiale et peuvent créer des tensions là où parents et enfants voudraient simplement se retrouver :

  • Moments de devoirs sources de conflits récurrents ;
  • Cercle vicieux entre l’épuisement de l’enfant, l’incompréhension des parents et la dégradation du lien familial.

Les Signes de Dyslexie ne Sont Pas les Mêmes à 5 ans, à 8 ans et à 15 ans

Repérer une dyslexie ou une dysorthographie, c’est avant tout savoir à quoi s’attendre à chaque âge. Les difficultés ne se manifestent pas de la même façon à 5 ans, à 8 ans ou à 15 ans.

Voici les principaux signaux à connaître, de la maternelle à l’adolescence, pour agir au bon moment.

Avant 6 ans, Certaines Fragilités Répétées Justifient une Vigilance, Surtout en cas d'Antécédents Familiaux

On ne parle pas encore de dyslexie à cet âge. Mais certaines fragilités répétées peuvent justifier une vigilance particulière, surtout en cas d’antécédents familiaux.

  • Difficultés à manipuler les sons : trouver des rimes, découper un mot en syllabes (« cha-peau »), identifier la lettre qui fait le son [bé] ;
  • Confusion des repères spatiaux et temporels : devant/derrière, dessus/dessous, avant/après ;
  • Expression orale limitée : du mal à raconter une histoire, à nommer des objets ou à utiliser des phrases complexes ;
  • Prononciation approximative : certains mots restent déformés de façon durable, comme « cocodil » à la place de « crocodile ».

Pris isolément, ces signes ne sont pas alarmants. C’est leur accumulation et leur persistance dans le temps qui doivent alerter.

En Fin de CP, un Enfant qui Peine Encore Significativement à Lire a Besoin d'une Attention Particulière

La fin du CP est un moment clé. La majorité des enfants commencent à lire des syllabes simples et de petits mots. Un enfant qui peine encore significativement à ce stade a besoin d’une attention particulière.

  • Déchiffrage encore très difficile : les syllabes simples sont lues avec de nombreuses erreurs, même après plusieurs mois d’apprentissage.
  • Identification des sons dans les mots : isoler un son à l’intérieur d’un mot reste un exercice difficile.
  • Langage oral peu fluide : le discours est hésitant, avec des mots cherchés longuement.
  • Écriture manuscrite peu lisible : les lettres sont mal formées, les ratures nombreuses.

L’Éducation nationale a défini des seuils objectifs par niveau. Pour un élève de CP, on peut observer (page 23) qu’en dessous de 6 mots sur 15 sont lus par l’enseignant et compris par l’enfant, alors l’enfant est considéré en difficulté.

Au CE1-CE2, les Difficultés de Lecture Commencent à Impacter Toutes les Matières et l'Estime de Soi

Au CE1, les difficultés de lecture peuvent commencer à impacter l’ensemble des matières et le quotidien.

  • Difficultés qui s’étendent à toutes les matières : la compréhension des énoncés en sciences ou en mathématiques devient un obstacle.
  • Plaintes somatiques récurrentes : maux de ventre, maux de tête, fatigue intense après l’école.
  • Baisse de l’estime de soi : l’enfant se replie sur lui-même et évite les situations de lecture.
  • Orthographe très défaillante : les erreurs sont nombreuses, persistantes, les cahiers illisibles et remplis de ratures.

C’est souvent à ce stade que le diagnostic de dysorthographie peut être posé en parallèle de celui de dyslexie. Si plusieurs de ces signes sont présents, il est recommandé de ne pas attendre pour consulter.

À l'Adolescence, la Lecture s'Améliore Mais l'Orthographe Résiste, et le Décalage Reste Frustrant

A l’adolescence, la plupart des jeunes dyslexiques ont fait du chemin. Ils savent lire, peuvent travailler de façon autonome et ont souvent développé des stratégies pour compenser leurs difficultés. Ce progrès est réel et mérite d’être reconnu.

Pourtant, la dyslexie ne disparaît pas. Ce que l’on observe à cet âge, c’est davantage un déplacement des difficultés que leur disparition. La lecture s’améliore, mais elle reste plus lente et plus fatigante que chez leurs camarades.

C’est surtout l’orthographe qui résiste. Même les adolescents qui lisent correctement continuent à faire des erreurs écrites fréquentes, parfois difficiles à expliquer de l’extérieur. Rédiger un devoir long, passer un bac écrit ou remplir un formulaire reste un défi réel.

Ce décalage entre ce que le jeune est capable de comprendre et d’expliquer à l’oral, et ce qu’il restitue à l’écrit, peut être source de frustration. C’est précisément à cet âge que les aménagements scolaires (tiers-temps, ordinateur) prennent tout leur sens.

Rédiger un CV, Passer un Entretien d'Embauche : la Dyslexie Continue de Compliquer le Quotidien à l'Âge Adulte

La dyslexie ne s’arrête pas à la sortie du lycée. À l’âge adulte, elle continue de se manifester dans des situations qui peuvent sembler anodines, mais qui nécessitent un effort réel pour les personnes concernées :

  • Difficultés persistantes face aux tâches écrites longues ou techniques ;
  • Situations pratiques complexes : rédiger un CV, passer un test d’embauche, gérer des démarches administratives ;
  • Décalage souvent frustrant entre les capacités orales et la restitution écrite.

Le Diagnostic est Possible dès la Fin du CE1 : Voici qui Consulter et Dans Quel Ordre

Le diagnostic des troubles spécifiques du langage écrit (dyslexie et dysorthographie) est possible à partir de la fin de l’année du CE1

Pourquoi ? Tout simplement car c’est le moment où les enfants maîtrisent la lecture et l’écriture.

En cas de doutes, il convient d’en parler au médecin traitant ou au pédopsychiatre). 

Ce dernier pourra alors prescrire un bilan complet comprenant :

  • Un bilan orthophonique qui permet de situer l’enfant par rapport au niveau scolaire attendu et à déterminer si les difficultés sont effectivement liées à un trouble spécifique des apprentissages ;
  • Un examen ophtalmologique et/ou orthoptique (complémentaires) si l’enfant présente des maux de tête en fin de journée ;
  • Un contrôle de l’audition (complémentaire) en cas d’otites à répétition ou d’otite séreuse ou d’une suspicion de surdité ;
  • Un bilan psychologique (complémentaire) pour évaluer le quotient intellectuel (QI), la personnalité, la mémoire ou encore l’attention 
  • Un bilan psychomoteur (complémentaire) pour analyser coordination et repères dans l’espace.

Une fois le diagnostic posé, l’équipe médicale peut mettre en place un accompagnement adapté au profil précis de votre enfant.

Pas de Médicament, Mais 5 Professionnels peuvent Accompagner Efficacement votre Enfant

Si aucun médicament ou thérapie spécifique ne permet de faire disparaître les troubles spécifiques du langage écrit (dyslexie et dysorthographie), des solutions efficaces existent.

La prise en charge repose sur un accompagnement individualisé, adapté au profil et aux besoins de chaque enfant. Plus elle est mise en place tôt, plus elle est efficace. 

Elle s’organise généralement autour de plusieurs professionnels :

  1. L’orthophoniste : propose des séances régulières travaillant sur la reconnaissance des sons, l’assemblage des syllabes et la compréhension écrite.
  2. L’orthoptiste : intervient sur les mouvements des yeux, essentiels pour lire sans fatigue excessive.
  3. Le psychomotricien : aide l’enfant à mieux se repérer dans l’espace et à prendre conscience de son corps en mouvement et à l’arrêt.
  4. L’ergothérapeute : travaille sur la coordination et les gestes, notamment en cas de dysgraphie associée, et peut recommander l’usage d’un ordinateur ou d’autres outils de compensation.
  5. Le psychologue ou pédopsychiatre : accompagne l’enfant dans la gestion des répercussions émotionnelles : anxiété, perte de confiance en soi, souffrance scolaire.

Cinq Habitudes Concrètes pour Faire de la Lecture un Moment Serein à la Maison

Le soutien de la famille joue un rôle déterminant dans le développement d’un enfant dyslexique ou dysorthographique. L’objectif n’est pas de « refaire la classe à la maison« , mais de créer un environnement serein et rassurant autour des apprentissages.

Quelques repères concrets :

  1. Éviter les critiques systématiques : les remarques répétées sur les erreurs augmentent le stress et renforcent le blocage. Laisser passer certaines fautes protège souvent mieux la confiance que de tout corriger.
  2. Nommer précisément les progrès : « Tu as bien déchiffré ce mot difficile » est bien plus motivant qu’un simple « c’est bien ». Les encouragements spécifiques ancrent les réussites.
  3. Installer un rituel de lecture stable : un espace calme, bien éclairé, à un moment où l’enfant n’est pas déjà épuisé par sa journée.
  4. Varier les supports : jeux de sons, lettres en relief, applications adaptées, devinettes. Tout ce qui permet de travailler la lecture sans que cela ressemble à un exercice scolaire contraignant.
  5. Maintenir le lien avec l’école : des échanges réguliers avec les enseignants assurent la cohérence entre ce qui est fait en classe et à la maison.

L’idée centrale est de faire de la lecture un moment accompagné et sécurisant, où l’enfant peut essayer, se tromper et progresser à son rythme, sans jugement.

Trois Exercices du Quotidien pour Entraîner l'Oreille Sans que cela Ressemble à une Leçon

Pour aider votre enfant à construire une représentation plus robuste des sons, vous pouvez transformer certains moments de la journée en activités ludiques. C’est ce que les professionnels appellent le travail de la « conscience phonologique ».

  • Le comptage des sons : Amusez-vous à décomposer des mots simples. Commencez par un seul son (« un »), puis deux (« l-it »), trois (« f-ai-re ») ou quatre (« P-a-r-is »). Le défi pour l’enfant est de détacher l’oreille de l’orthographe pour ne se concentrer que sur ce qu’il entend réellement.
  • La chasse aux rimes : Déterminez ensemble si deux mots riment. C’est facile pour « téléphone » et « trombone », mais plus subtil pour « cheville » et « ville ». Cela entraîne le cerveau à comparer les sons finaux avec précision.
  • Les défis du trajet : Profitez des déplacements pour compter les sons des noms de stations de bus ou de tramway, ou pour trouver des objets commençant par le même son dans la rue.

L’idée centrale est de faire de la lecture et de l’écriture un moment accompagné et sécurisant. En variant les supports (jeux de sons, lettres en relief, applications adaptées), l’enfant peut essayer, se tromper et progresser à son rythme, sans subir le poids du jugement scolaire.

PAP, PPS, ULIS : Trois Dispositifs Scolaires selon le Niveau de Difficulté

Face à la dyslexie et à la dysorthographie, l’école dispose de plusieurs dispositifs pour adapter le parcours scolaire de l’enfant. Ils se distinguent principalement par leur niveau d’intensité et les démarches qu’ils impliquent.

Le PAP Permet d'Obtenir des Aménagements Concrets Sans Reconnaissance du Handicap

Le Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) est le dispositif le plus accessible. Il ne nécessite pas de reconnaissance du handicap et peut être mis en place directement avec le médecin scolaire.

Il permet d’obtenir des aménagements pédagogiques concrets : emploi du temps adapté pour les suivis extérieurs, allègement du travail scolaire, polycopiés adaptés, accès à des logiciels de dictée ou de synthèse vocale, aménagement des contrôles.

Le PPS Offre des Aménagements Plus Importants, dont le Tiers-Temps et un Accompagnant en Classe

Lorsque la dyslexie constitue un handicap plus significatif, le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) offre des aménagements plus importants

  • Temps majoré aux examens (tiers-temps) ;
  • Utilisation d’un ordinateur en classe ;
  • Accompagnement par un Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap (AESH) pour la prise de notes ou la reformulation des consignes ;
  • Supports de cours adaptés et évaluations aménagées.

À noter : les aménagements aux examens nationaux (brevet, baccalauréat) constituent un dossier séparé, à déposer auprès du chef d’établissement en octobre de l’année précédant l’examen. Tous les aménagements du PAP ou du PPS doivent y être repris.

Les ULIS Accueillent les Enfants les Plus en Difficulté en Petits Groupes de 10 à 12 Élèves

Pour les élèves dont les difficultés sont les plus importantes, les Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire (ULIS) accueillent de petits groupes de 10 à 12 élèves dans des écoles, collèges et lycées ordinaires.

L’objectif est double :

Consolider les apprentissages fondamentaux tout en maintenant l’inclusion dans la vie scolaire classique.

En Études Supérieures, le PPS est Remplacé par un Plan d'Accompagnement Dédié aux Étudiants

En études supérieures, le PPS est remplacé par le Plan d’Accompagnement de l’Étudiant en situation de Handicap (PAEH), élaboré avec la Mission Handicap de l’établissement dès l’inscription. 

Il permet de bénéficier des mêmes types d’aménagements que durant la scolarité.

Quelles aides de l'État ?

La dyslexie et la dysorthographie peuvent être reconnues comme un handicap cognitif au titre de la loi de 2005.

Cette reconnaissance ouvre l’accès à un ensemble d’aides concrètes, financières et matérielles, coordonnées par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).

L'AEEH Verse jusqu'à 153 € par Mois aux Familles pour Compenser les Dépenses liées aux Soins

L’Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé (AEEH) est versée mensuellement par la CAF pour compenser les dépenses liées aux soins et à l’accompagnement.

Son montant de base est de 153,01 € par mois, majorable selon les besoins évalués. Elle est accessible aux enfants de moins de 20 ans présentant un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou entre 50 et 79 % sous certaines conditions.

À partir de 16 ans, la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) peut également être demandée. Elle facilite l’insertion professionnelle et permet d’obtenir des aménagements lors des stages dès le lycée.

La MDPH Peut Financer Ordinateur, Logiciels de Synthèse Vocale et Correcteurs Orthographiques Renforcés

La MDPH peut financer du matériel pédagogique adapté :

  • Ordinateur portable pour la prise de notes ;
  • Logiciels de synthèse vocale ;
  • Prédicteurs de mots ;
  • ou encore des correcteurs orthographiques renforcés. 

Ce matériel permet à l’enfant de contourner ses difficultés et de consacrer son énergie aux apprentissages plutôt qu’au déchiffrage.

Les Séances d'Orthophonie sont Remboursées à 60%, et jusqu'à 100 % dans Certaines Structures

Les séances d’orthophonie sur prescription médicale sont remboursées à 60 % par l’Assurance Maladie, et jusqu’à 100 % dans certaines structures (CAMSP, CMP, CMPP). La mutuelle complémentaire prend généralement en charge tout ou partie du reste à charge.

Orthophoniste en séance avec une petite fille dyslexique

Un Dossier MDPH est Nécessaire : Comptez 4 à 6 Mois d'Instruction pour Obtenir vos Droits

Toutes ces aides nécessitent de constituer un dossier MDPH, comprenant un formulaire Cerfa, un certificat médical détaillé, un projet de vie détaillé et un bilan orthophonique.

Le délai d’instruction est de 4 à 6 mois. Les droits sont ensuite accordés pour une durée de 2 ans, renouvelable.

Que Retenir ?

La dyslexie et la dysorthographie sont des troubles durables, mais ils ne définissent pas l’avenir d’un enfant. Avec un diagnostic posé au bon moment et un accompagnement adapté, les enfants peuvent progresser significativement.

L’essentiel est de ne pas rester seul face aux difficultés : des solutions concrètes existent, et des aides sont prévues pour y accéder.

Plus tôt on agit, plus on préserve la confiance en soi de l’enfant, qui est souvent la première chose touchée.

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